l'humanité est touchée par ce fléau que l'on nomme cancer. Ce mot qui fait peur, mot qui tant que l'on est pas touché, nous essayons de laisser loin de nos pensées. Pourquoi ce nom, Antidote, parce qu'aujourd'hui, je fais partie, de ces hommes et de ces femmes qui réalisent tout ce que cela implique, ce bouleversement majeur de sa vie. Sa vie ... elle ne tient qu'à un fil, l'espoir que la science à les outils qui vont te sauver. Alors Antidote pour essayer pour partager, échanger, se renseigner, exorciser sa peur , espérer... l'écriture pour aider.

19 juil. 2017

Tous les matins



Tous les matins, je me dis : allez ! je vais écrire un nouveau post. Mais voilà, l’entrain du début de journée s’évapore rapidement... le temps passe et le blog sommeille. Il est 6 h 30, je commence à poser ces quelques mots, sans savoir si je vais terminer ce post.

Cela fait 14 jours que je ne donne pas de nouvelles. Mes silences inquiètent parfois certains de mes lecteurs, normal, je m’inquiète aussi de ne pas avoir de nouvelles de certaines personnes avec qui je suis en contact et dont les blogs sont en veille.

Les silences peuvent avoir de nombreuses significations, mais quand l’on côtoie une personne qui se bat avec son cancer, c’est généralement inquiétant. Bien que se soit la période estivale, et que chacun pense plus à profiter de cette période pour de détendre, je constate que le nombre de connexions au blog ne faiblit pas, une des raisons qui me pousse à continuer ce récit, de ne pas lâcher mes lecteurs et soutiens, car il sont pour moi une raison supplémentaire de me battre, de montrer que malgré les difficultés, malgré ce séisme qui a secoué notre vie, nous faisant perdre la majorité de nos repères construits au fil des années, il est possible de se créer de nouvelles références, tout en restant soi-même.

Il fut un temps où seuls les professionnels, généralement les médecins, écrivaient pour parler de santé, et bien les choses ont changé depuis quelques années. Nous, les patients, ne sommes plus voués au silence. Ce silence qui était qualifié de digne, ou parfois utilisé pour cacher sa honte face à la maladie. Quand on vit avec ce type de maladie, on peut prendre la parole si on en a envie, car s’emmurer dans la souffrance, c’est s’exposer au risque qu’elle nous détruise de l’intérieur. 

Si certains considèrent notre prise de parole comme impudique, cela indique que nous sommes sur la bonne voie. Pour l’instant, je vis parfois ma vie par procuration devant mon poste de télévision, mais je ne mets pas de vieux pain sur mon balcon, je n’ai pas de balcon !

Mais par contre j’ai toujours une sciatique qui me pousse à me gaver de séries à la tv, installé sur mon canapé. Je suis devenu incollable sur le programme de l’après-midi. Il ne me reste que quelques jours de traitement, ensuite, je pense qu’une visite chez le médecin va s’imposer.

Je vous ai laissé sur la première injection de jevtana, la suivante devant intervenir quinze jours après. Il y a eu quelques changements. Un appel du service oncologie m’annonce qu’il n’est pas possible de faire cela à la date prévue. En fait, le jevtana ne peut être administré que chaque trois semaines. Erreur de l’oncologue qui me confirme cela.

Me voici donc de retour sur une fréquence de trois semaines. C’est donc le 13 juillet que je me suis présenté au service oncologie pour la deuxième séance. Mon onco est absent, c’est donc son remplaçant qui va me recevoir.

L’homme est plus loquace que son collègue. Je lui confie mon problème de sciatique, mon inquiétude étant de savoir si cela n’est pas en relation avec la métastase qui se trouve sur la colonne vertébrale.
Il me propose immédiatement des séances de radiothérapie pour soulager ma douleur. Étrange ! pas de vérifications auparavant ? De plus il rajoute que le problème, est qu’il faut arrêter la chimio pour procéder à la radiothérapie, impossible de faire les deux en même temps. Pourtant, l’an dernier, j’ai bien avalé la chimio de concert avec la radiothérapie !

Je décide de laisser tomber pour l’instant, cela ne me semble pas très net. Pas question de stopper la chimio , cela me semble prioritaire. Pour l’IRM, je peux compter sur ma généraliste.
Comme les problèmes n’arrivent jamais seuls, je suis confronté à une perte de poids. Moins cinq kilos en trois semaines. Sur les conseils de mon médecin, je renoue avec les compléments alimentaires.

Les médecins croient pour beaucoup en l’efficacité des soins et de la chimiothérapie, cela les autorise à garder la foi. Pour nous c’est parfois plus compliqué. On ne peut pas éviter de voir le côté négatif des choses, mais il ne faut pas s’attarder dessus, sous peine de ne plus avancer.

Ma prochaine rencontre est programmée pour le 4 Aout. Quelques semaines de liberté que je pensai utiliser en prenant la route, en solo, vu que ma compagne est retournée au travail. Mais voilà, sciatique gère mon quotidien! alors je reste à la maison, en attendant des jours meilleurs.

Bonne vacances à vous. Profitez du soleil, de la vie. Adoptez le mode “Pause” ... Je suis arrivé à terminer ce post!